Au cours des trente dernières années, les missions et les modes d’action de l’État ont été profondément modifiés par les mutations économiques et politiques.
Le rapport du citoyen à son entité administrative nationale n’a pas manqué d’en être bouleversé, au point de constituer l’un des éléments clés de la crise politique et morale que traverse le pays http://3.ly/QtAn
L’État-providence (ou État providence) désigne l'État dans ses attributions de protection sociale,
par distinction avec l'État-gendarme, cantonné aux fonctions régaliennes (police, armée, justice). http://3.ly/B2nB
La sécurité sociale est un ensemble d'institutions qui ont pour fonction de protéger les individus des conséquences de divers événements ou situations, généralement qualifiés de risques sociaux. http://3.ly/kpmy
Retour de l’Etat. Pour quelles politiques sociales ?
Le paradigme de l’État minimal a fait long feu.
La faillite du modèle néolibéral et la priorité à la « lutte contre la pauvreté » ont réactivé le débat sur la pertinence des politiques sociales.
Alors qu’un consensus qui redéfinit les paramètres de l’intervention publique se dessine, des Etats du Sud réinvestissent la sphère sociale longtemps sacrifiée à l’expansion des marchés.
Simple inflexion ou véritable tournant dans l’ère de la mondialisation ?
http://3.ly/76Yx Plans de relance, sauvetages, voire nationalisations de grandes banques, mesures de soutien à la consommation, aides publiques aux industries stratégiques, projets de réforme du système financier international dans le sens d’une plus forte réglementation… Après une longue éclipse, l’État est-il de retour ?
Le rôle économique de l’État
Le rôle de l’État, c’est-à-dire l’ensemble des collectivités publiques nationales, dans l’économie d’un pays fait depuis longtemps l’objet de controverses entre économistes, selon qu’ils sont plutôt favorables à un État neutre
ou, au contraire, à un État interventionniste, fortement impliqué dans les sphères économique et sociale. http://3.ly/qBoX
Au lendemain de la crise de 1929, Keynes a considéré que seul l’État, par son intervention directe dans la vie économique et sociale, était en mesure de rétablir les équilibres fondamentaux.
Est née la conception de l'État Providence.
C’est dans le domaine social que l’État providence se distingue le plus.
Il développe une protection sociale étendue à l’ensemble de la population grâce à la Sécurité sociale qui prend en charge les risques sociaux liés à la vie collective (chômage, maladie, vieillesse).
Mais aujourd’hui, l’État Providence est en crise :
les déficits de la sécurité sociale se suivent et s’accentuent, le déficit chronique de l’État n’est toujours pas résorbé.
Accentuée à la fois par le développement d’une économie de plus en plus libérale dans le cadre de l’Union européenne et par la mondialisation, l’économie française doit s’adapter.
À partir du moment où se sont conjugués le nouveau cours du capitalisme (celui d’une globalisation axée sur la conquête de la finance internationale en tant que ressource), et la chute du mur de Berlin, le gentleman agreement qui prévalait en Europe est devenu caduc. http://3.ly/QtAn
l’individualisme contemporain, la revendication de droits sociaux à l’emploi, à la culture, à la formation, au logement, furent des demandes exponentielles qui se heurtaient à la concurrence internationale, dans le nouveau cours du capitalisme.
Et la tendance est au désengagement de l’État qui se traduit, en France, par des mesures drastiques d’économies dans le domaine social, mais également dans le domaine économique, où l’on assiste à des privatisations d’entreprises et à une déréglementation dans un grand nombre de secteurs d’activités. http://3.ly/Yc9s
Fonction publique : http://3.ly/bOQ9
Agenda social 2010 : http://3.ly/vqIe
Dans ces conditions, qu’est-ce qui distingue encore la gauche de la droite ?
La gauche pense que l’État peut revenir ;
la droite doute que le seul principe de l’État puisse faire que le souhaitable soit possible.
Les projets sont logiquement différents http://3.ly/QtAn
Au total, les pilotes automatiques identitaires sont tous en panne :
- À gauche, le progrès se trouve tiraillé entre sa dimension économique et technologique et le vécu de régression sociale.
- À droite, les marchés ne portent plus de cohérences de moyen et long terme pour l’individu
En fait, compte tenu du recentrement idéologique et de l’interrogation générale sur les instruments de l’exécutif, les peuples de gauche et de droite se définissent d’abord sur des valeurs.
- À gauche : la solidarité, le social, le collectif.
- À droite : le travail, le mérite et la responsabilité individuelle.
Le problème majeur réside dans le choc entre notre tradition nationale qui nous définit à partir d’une dispute politique sur les finalités, et une globalisation qui se fait par les moyens.
Le Français doit être avant de faire, la globalisation est un fait.
L’État sera passé d’un outil au service des fins à une machine de moyens.
Les individus en sont parfaitement conscients et entretiennent eux-mêmes cette contradiction:
- Comme consommateurs, ils se comportent en libéraux et désirent les produits les plus à la pointe de la mondialisation, mais, ce faisant, ils se disent qu’ils détruisent des emplois en France.
Donc, comme salariés, ils sont conservateurs.
- Alors, comme citoyens, ils externalisent sur le politique le soin de résoudre cette contradiction essentielle.
" Tous souhaitent non seulement un État régalien, mais aussi social pouvant peser économiquement.
Les couches populaires, privées des ressources culturelles pour défendre leur bout de gras au point de vue social, désirent un État régulateur économique, comptable de l’égalité et redistributeur social.
Les classes moyennes attentent un État facilitateur sur le plan économique.
Sur le plan politique, elles sont prêtes à explorer d’autres voies, comme la démocratie participative.
C’est une façon de réduire la tension entre le souhaitable et le possible."
Stéphane Rozès
Directeur de la SOFRES, maître de conférences en sciences politiques. http://3.ly/JeZS
PS 2010 : les socialistes semblent vouloir refermer la parenthèse sociale-libérale ouverte depuis les années 1990
et retrouver un discours plus régulationniste.
Le document évoque d'ailleurs "la fin d'une époque" et celle "d'un modèle".http://3.ly/7K5r
L'agenda "UE 2020", qui définit la stratégie de croissance de l'Union européenne pour les années à venir, propose l'objectif pour le moins consensuel d'une croissance "plus intelligente, durable et inclusive".
Les leçons de l'échec de la précédente stratégie, dite "de Lisbonne", n'ont pas été tirées :
l'agenda "UE 2020" repose largement sur la bonne volonté des Etats-membre
et évite la question cruciale du relévement des marges de manoeuvre budgétaires et réglementaires de l'Union . http://3.ly/oFpa
Source Terra Nova : http://3.ly/hx7o
En finir avec le chantage de la dette publique
http://3.ly/lyj8 : cet article est un autre point de vue qui n'engage que leurs auteurs,mais élargit le débat



















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