Présentation

Rechercher

Extension en Bois

 Cliquer pour en savoir plus sur les EXTENSIONS
http://www.knock-on-wood.net/article-13227878.html

Jeudi 3 juillet 2008
publié dans : Dans L'AIR DU TEMPS recommander

Le vrai visage des Farc

Le drame d'Ingrid Betancourt (libérée ce mercredi 2 juillet)a déjà fait couler beaucoup d'encre.
D'où l'intérêt de ces Farc, une guérilla sans fins ? dont l'auteur, ­Daniel Pécaut, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est tout simplement le meilleur connaisseur français du sujet.

On pourra se rattraper à la lecture de ce petit livre clair et concis qui, pour la première fois, replace l'affaire Betancourt dans son contexte global, revient sur l'origine des Farc, décortique le mode de fonctionnement de cette narcoguérilla marxiste, analyse la mentalité de ses cadres.
Particulièrement intéressantes sont les lignes consacrées à la « politique de la cruauté » et à la « stratégie de l'immobilisme » des Farc.
Une organisation qui n'a jamais sérieusement envisagé, quand des négociations de paix étaient engagées, de déposer les armes.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/le-vrai-visage-des-farc_521223.html

Sommaire de l'ouvrage

 

 

Avant propos

Chapitre 1 : Bref retour sur la formation des FARC

     - Mouvements agraires et zones d’ancienne implantation communiste.
     - Gaitán, la mobilisation populaire et sa frustration.
     - L’expérience de la Violencia.
     - De la « combinaison de toutes les formes de lutte » à Marquetalia.

Chapitre 2 : l’évolution des FARC, de 1966 à 2008

     - Le piétinement (1966 – 1980)
     - L’expansion (1980 – 1990)
               - Multiplication des guérillas et des fronts.
               - La tragédie de l’Union Patriotique.
               - Le terrorisme des narcotrafiquants.
     - L’offensive. (1990-2002)
               - La radicalisation et la Conférence de 1993.
               - Le passage à la guerre de mouvement.
               - Le « processus de paix ».
     - Face à la politique de « sécurité démocratique » d’Álvaro Uribe.

Chapitre 3 : les bases rurales d’appui des FARC

     - Le monde « traditionnel » des FARC.
     - Le nouvel univers des colons et la logique de la « protection ».
     - L’instrumentalisation des organisations sociales.
     - Un recrutement à prédominance rurale.
     - La vie de guérilla au quotidien.
     - Le malaise interne.

Chapitre 4 : les ressources financières des FARC

     - Les enlèvements.
     - Les pratiques d’extorsion.
     - La participation à l’économie de la drogue.
     - La question de la gestion des ressources

Chapitre 5 : la stratégie militaire, expansion, guerre de mouvement et repli

     - L’organisation militaire des FARC.
     - Implantation territoriale et objectifs stratégiques.
     - L’intensité du conflit.
     - La grande offensive de 1995-2002 et le «processus de paix»
     - Les circonstances et les limites de l’avancée militaire des FARC.
     - La reconquête paramilitaire.
     - L’affaiblissement militaire progressif des FARC.

Chapitre 6 : terreur et prosaïsme, la guerre vécue par la population

Déplacements forcés, massacres, disparitions
Prosaïsme et transactions.

Chapitre 7 : Discours et pratiques politiques

     - À chacun son rôle: au parti la politique, à la guérilla la lutte armée.
     - Le projet politique des FARC: la «plateforme en 10 points».
     - L’immobilisme comme style politique.
     - La cruauté comme mode d’accès au politique.
     - La politique du ressentiment.

Chapitre 8 : le moment bolivarien

     - Le problème des otages politiques et de l’échange humanitaire.
     - Sous le signe du bolivarisme
     - Les FARC à la croisée des chemins.
     - Le scandale de la « parapolitique »

Conclusion

Extraits de l'ouvrage

Avant propos :

L’ouvrage traite de leur histoire ainsi que de leurs objectifs militaires et politiques mais il vise surtout à décrire leurs formes d’insertion dans la société, leur recrutement, leurs ressources financières, leurs moyens d’action.
Il s’agit de comprendre comment une guérilla qui était à l’origine un petit groupe de résistance paysanne s’est transformée à certains moments en une organisation de presque 20 000 combattants, présente sur plus de la moitié du territoire de la Colombie, qui a été capable d’administrer des revers retentissants à l’armée et donné le sentiment de pouvoir effectivement s’emparer du pouvoir.
Il s’agit aussi d’expliquer comment les FARC ont pu aussi longtemps préserver leur cohésion.
Le fait est d’autant plus étonnant qu’elles se sont depuis longtemps impliquées dans l’économie de la drogue et dans des pratiques d’enlèvement et d’intimidation, ce qui semblait devoir provoquer le relâchement de leur discipline et la perte de leur dessein politique.

L’offensive :

Les FARC s’avèrent donc incapables de mettre à profit la tribune dont elles disposent pour énoncer un projet politique qui convainque l’opinion à laquelle elles n’ont du reste jamais prêté attention et dont les FARC se contentent de dire qu’elle est manipulée.
Elles ne se soucient guère davantage de la « société civile » militante dont pourtant beaucoup de porte-parole se gardent de critiquer la lutte armée afin de faciliter une solution négociée au conflit.
Tout se passe comme si pour elles le projet militaire était le seul à compter;

Les Farc à la croisée des chemins :
On suppose souvent qu’en leur sein coexistent une fraction dure et militariste, représentée notamment par le Mono Jojoy, et une fraction politique représentée par Alfonso Cano et Iván Marquez.
Cette différence, si elle existe, n’a pas eu jusqu’ici d’expression publique.
 En tout état de cause les deux options sont actuellement difficiles à mettre en œuvre.

 

  Comment la guérilla des FARC, d'apparence si paysanne, peut elle défier le pouvoir colombien depuis plus de 40 ans ?
Comment, grâce aux otages politiques dont Ingrid Betancourt, peut elle tenir tête à la communauté internationale ?
Dans la situation actuelle des FARC, notamment après la mort de leur chef Marulanda, quelles issues possibles à la crise ?
Mieux connaître cette guérilla, mesurer le rapport de force actuel avec le pouvoir colombien et les autres parties prenantes à la crise des otages, voilà quelques une des ambitions de cet ouvrage de Daniel PECAUT.
L'ouvrage montre que les FARC, apparues dans les années 60, font face depuis quelques années à de sérieuses difficultés.
Mouvement d'essence paysanne, les FARC, fortement investies dans les actions militaires, ne brillent guère par un programme politique élaboré.
Disposant de ressources financières autrefois confortables (enlèvements, drogue, notamment), mises à mal par le pouvoir et les paramilitaires, les FARC sont désormais à la croisée des chemins.
 C'est dans ce contexte, qui pousse les FARC à jouer davantage la carte «bolivarienne», que doit s'apprécier l'actuelle crise des otages.
L'ouvrage s'appuie sur la longue connaissance de la Colombie de l'auteur et fournit des données inédites en français sur les FARC.

Daniel PECAUT, spécialiste reconnu de la Colombie, est directeur de recherche à l'EHESS.

Drogue, sécurité et crime organisé :

http://www.iadb.org/EUROPE/files/news_and_events/2007/P%C3%A9cautTDrogas07.pdf

  

 

http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/06/19/les-ravisseurs-d-ingrid-betancourt_1060340_3260.html

 

L'intégralité du chat du 22 février 2007 avec Daniel Pécaut

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/l-int-eacute-gralit-eacute-du-chat-du-22-f-eacute-vrier-2007-avec-daniel-p-eacute-caut_478146.html

 

L'histoire des Farc, de la révolution au trafic de drogue

·     Par Jean-Michel De Marchi | Etudiant en journalisme | 03/07/2008 | 

Tout a commencé par un meurtre.
Celui de
Jorge Eliécer Gaitán, assassiné le 9 avril 1948 à Bogota.
 Annoncé gagnant aux élections présidentielles de 1950, le chef du Parti libéral colombien enthousiasmait les plus pauvres par ses critiques des inégalités et de l'interventionnisme américain. Leur dernier espoir tué, les membres du Parti libéral se radicalisent.
 Le soulèvement des paysans (Violencia) qui réclamaient des réformes sera réprimé dans le sang par le pouvoir.

Sans candidat en face, le Parti conservateur gagne les élections de 1949 avec Laureano Gomez.
 Son parti, installé sur des bases catholiques, et le Parti libéral, composé d'une gauche radicale et d'une gauche plus libérale, se livrent alors une lutte sans merci.

Jusqu'en 1953, la guerre civile fera entre 150 000 et 300 000 victimes, essentiellement des paysans.
 Ceux-ci tentent de se défendre au sein de petits comités, composés de quelques dizaines d'hommes tout au plus: les premières guérillas sont nées.
Un dénommé Manuel Marulanda, encore inconnu, est à la tête de l'une de ces milices d'autodéfense.

1964, quelques vieilles escopettes en guise d'équipements

Pendant des années, le pays baigne ce climat de terreur et de violences.
Sans grands moyens, plusieurs groupuscules vivotent.
Certains se constitueront par idéologie.
Un homme, Jacobos Arenas, fédère quelques guérillas -dont celle de Marulanda- pour le compte du Parti communiste colombien. Il fonde alors la République de Marquetalia sur un bout de territoire.
L'expérience est vite anéantie par l'armée, mais Manuel Marulanda récupère ce qu'il en reste en 1964: les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont nées.

Les hommes qui composent le groupuscule sont de simples paysans armés de vieilles escopettes.
Dispersés en quelques foyers, sans équipement ni expérience militaire, leur dangerosité est minime. Rapidement, l'armée capture d'ailleurs deux tiers des effectifs révolutionnaires.
Le savoir-faire militaire viendra par la suite.

Progressivement, les groupes d'extrême-gauche voient apparaître un nouvel adversaire, avec les paramilitaires proches du pouvoir.
Jusqu'en 1980, les Farc demeureront une entité relativement contrôlée.
Le pouvoir ne prend d'ailleurs pas très au sérieux ces révolutionnaires.

1980, financés par la cocaïne et le kidnapping

Les années 80 marqueront un tournant avec le trafic de drogue et le début des enlèvements contre rançon.
Est-ce compatible avec la lutte affichée contre les inégalités sociales?
Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l'Amérique latine à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) explique cette attitude:

"[Les Farc disent agir] au nom de la justice sociale et du principe selon lequel la fin justifie les moyens… Et puis, il ne faut pas oublier que Marulanda n'était pas un idéologue. C'était avant tout un militaire, il était donc très pragmatique."

Les Farc se lancent donc dans le trafic de cocaïne.
Sous la direction d'un Marulanda pragmatique et sans état-d'âme, ils s'associent avec les cartels.
Les
narcotrafiquants produisent la cocaïne sur les territoires dont les Farc ont le contrôle.
En échange, ces derniers empochent une partie des bénéfices.
L'argent afflue et change la donne, explique Daniel Pécaut, spécialiste de la Colombie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS):

"La Colombie est alors un carrefour de la drogue, les effectifs des Farc montent à 3 500 et une atmosphère de Far West s'installe."

A partir des années 90, la guérilla s'implique et participe directement au trafic de drogue.
 Les enlèvements contre rançon et les impôts révolutionnaires imposés aux propriétaires et paysans se multiplient. La cocaïne devient la première source de financement des Farc
.

Parallèlement, ils amplifient considérablement leurs actions violentes, ce qui a conduit l'Union européenne et les États-Unis à placer le groupe sur la liste des organisations terroristes en 2005.

A partir de 2002, les Farc reculent

La présidence d'Alvaro Uribe, élu en 2002 et réélu en 2006, marque un tournant dans les rapports avec les Farc. Sa politique ferme et offensive à l'égard du groupe révolutionnaire tranche avec celle de son prédécesseur Andrés Pastrana, dont le programme de paix de 1998 a été un échec.
Le président Uribe a au contraire accentué la pression militaire et renforcé la collaboration avec Washington.

Ce qui semble porter ses fruits ces dernières années: diminution des zones contrôlées par les Farc, élimination de hauts dirigeants, et surtout baisse du nombre de soldats.
Daniel Pécaut (EHESS) évalue entre 8 000 et 10 000 l'effectif actuel des Farc, alors qu'ils étaient 19 000 au plus fort de leur pouvoir en 1999.
Le nombre d'otages détenus serait selon lui d'environ 1 500.

Les kidnappings sont devenus une pratique systématique des Farc à partir de la fin des années 1990.
La détention de personnalités politiques comme
Ingrid Betancourt, estimées à quelques dizaines, a permis d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le conflit colombien. (Voir la vidéo.)

http://www.rue89.com/explicateur/lhistoire-des-farc-de-la-revolution-au-trafic-de-drogue

 

Retour à l'accueil

Poêle à Bois Hase

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus