Les Premiers ministres ukrainien, Ioulia Timochenko, et russe, Vladimir Poutine, lors du sommet de Moscou, le 17 janvier 2009 (Sipa)
Vers 17H00 GMT, le Brent de la mer du Nord pour livraison en février (dernier jour de cotation de ce contrat) perdait 93 cents à 44,15 dollars sur l'InterContinental Exchange de Londres.
A la même heure, le baril de "light sweet crude" pour la même échéance cédait 3,35 dollars à 33,93 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
Un écart très inhabituel, de plus de 10 dollars, sépare dorénavant le prix du pétrole vendu aux Etats-Unis par rapport au Brent de Londres.
Il s'explique en premier lieu par des "stocks physiques (...) relativement plus élevés aux Etats-Unis qu'en Europe", explique Frédéric Lasserre, analyste de la banque Société Générale.
Les stocks de Cushing (Okhlahoma) ont en effet atteint un nouveau record historique: 33 millions de barils s'entassent dans le principal terminal pétrolier américain, qui sert de référence aux contrats du marché new-yorkais.
Deuxième raison, non moins importante, de la forte décote offerte par le pétrole new-yorkais, la possibilité de livraison physique des contrats pétroliers au terminal américain de Cushing n'existe pas sur le marché londonien, précise M. Lasserre.
Or, des investisseurs profitent de l'écart de prix entre le pétrole vendu à échéance février et les contrats
suivants pour acheter physiquement du pétrole et le stocker aux Etats-Unis:
ils achètent du pétrole aux cours actuel de 35 dollars environ, pour le revendre avec un profit très important, d'environ 15 dollars, à l'échéance de juin 2009.
L'écart entre le pétrole vendu à court terme et les échéances suivantes "incite ainsi remplir les stocks de Cushing, parce que le marché paie pour stocker", créant un "cercle vicieux", ajoute M. Lasserre.
La pression sur les prix s'est par ailleurs accentuée après la publication du rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui s'attend dorénavant à une baisse de la demande de brut de 0,2% en 2009, à cause "d'une économie mondiale déprimée".
"L'année 2009 a commencé avec une économie mondiale très déprimée c'est pourquoi la prévision de croissance de la demande de pétrole est négative" de 0,18 million de barils/jour ou 0,2%, a souligné l'Opep dans son dernier rapport mensuel.
"Une économie mondiale déprimée devrait avoir un fort impact sur la demande de pétrole cette année", particulièrement dans les pays industrialisés, a précisé le rapport.
"Une fois de plus, les indicateurs ont montré une nouvelle détérioration de l'économie mondiale", ajoutait Nimit Khamar, de la maison de courtage Sucden, en référence à une baisse des ventes de détail aux Etats-Unis en décembre pour le sixième mois consécutif et à de sombres pronostics publiés la veille par l'OCDE pour la zone.
http://www.romandie.com/infos/news/200901151849030AWP.asp
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/la-crise-du-gaz-serait-liee-d-abord-a-des-motifs-economiques/916/0/306767
7.1.2009 :
Les cours du brut reculent très nettement après la publication des stocks pétroliers américains ressortis en hausse plus forte que prévu et qui a pris le dessus sur le différend gazier opposant la Russie à l'Ukraine.
Les stocks de brut affichent une hausse de 6,7 millions de barils à 325,4 millions. Les économistes attendaient en moyenne une augmentation de 900.000 barils seulement.
A 16h00 GMT, le contrat février sur le brut léger américain perdait 7,66% à 44,84 dollars le baril et le Brent cédait 5,2% à 47,82 dollars.
Les stocks d'essence ont augmenté quant à eux de 3,3 millions de barils alors que le marché anticipait une hausse de 800.000 barils.
Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ont quant à elles augmenté de 1,8 million de barils alors que les investisseurs tablaient sur une progression moindre, avec un consensus à +1 million de barils.
Les interrogations concernant la demande, sur fond de dégradation des perspectives économiques, l'emportent donc maintenant dans l'esprit des investisseurs, alors que le marché était au contraire dominé depuis plusieurs jours par des facteurs haussiers: le conflit Moscou-Kiev, l'offensive israélienne dans la bande de Gaza et l'entrée en vigueur de la réduction de production de l'Opep.
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Le brut US pour livraison février a fini sur un gain de 1,74 dollar ou 3,9% à 46,34 dollars le baril, tandis qu'à Londres, le Brent prenait 1,32 dollar ou 2,9% à 46,91 dollars le baril.
Certains pays de l'Union européenne ont commencé vendredi à souffrir d'une baisse de leur approvisionnement en gaz russe après la décision de Moscou d'interrompre ses livraisons à l'Ukraine.
Le monopole russe Gazprom a accusé l'Ukraine de dérober du gaz et a fait savoir que certains pays des Balkans l'avaient informé qu'ils recevaient moins de gaz que prévu.
Par ailleurs, l'offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza s'est poursuivie vendredi, au septième jour d'hostilités qui ont fait plus de 430 morts. .
La hausse a aussi été favorisée par le hausse de Wall Street , les opérateurs espérant que le plus gros de la crise économique et financière qui a fait perdre plus de 100 dollars au baril de brut était passé.
Le brut reste très loin de son record à plus de 147 dollars le baril touché en juillet mais une série de réductions de production décidées par l'Opep depuis septembre ont contribué à mettre un terme à la chute des dernières semaines.
La dernière coupe en date décidée par l'Opep à la mi-décembre - 2,2 millions de barils par jour à partir du premier
janvier - est la plus forte jamais annoncée.
L'Arabie saoudite, fer de lance du cartel, a signalé que la baisse pourrait se poursuivre si nécessaire.
Par ailleurs, le département américain de l'énergie,a indiqué qu'il cherchait à acquérir 12 millions de barils d'or noment américain de l'Energie ir pour la Réserve stratégique de pétrole (SPR) des Etats-Unis sur les quatre premiers mois de l'année et qu'il pourrait ensuite encore accroître la réserve dans le courant de 2009.
La Chine aussi a indiqué cette semaine qu'elle pourrait tirer avantage d'une baisse des prix pour augmenter ses stocks.
Sur l'ensemble de 2008, le cours de l'or noir américain a baissé de plus de 50% pour finir à
44,60 dollars mercredi 31 décembre après avoir atteint un pic de $147,27 le 11 juillet. http://www.leblogfinance.com/2009/01/le-cours-du-ptr.html
Le brut léger avait terminé mercredi sur une hausse de plus de 5,50 dollars à New York, due notamment à l'annonce d'une baisse de l'activité des raffineries américaines la semaine dernière et
d'une augmentation des réserves de brut, ce qui a ravivé les craintes de tensions sur le marché des produits raffinés.
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Les enjeux européens du Gaz russe :
http://www.lexpress.fr/actualites/2/kiev-appelle-moscou-a-reprendre-les-negociations-sur-le-gaz_729308.html
L'Europe risque-t-elle de manquer de gaz ?
Personne n'y a
intérêt. Ni la Russie, qui veut tout de même se présenter vis-à-vis des Européens comme un partenaire fiable.
Ni l'Ukraine, qui regarde plus vers l'Ouest que vers Moscou et se méfie beaucoup de son encombrant voisin.
Ni bien sûr l'Europe.
Si la crise était purement commerciale et se limitait à des questions de prix et de capacités d'approvisionnement, elle serait déjà réglée depuis longtemps.
Mais, quoi qu'en dise la Russie,
c'est avant tout une crise politique, faite surtout de gesticulations et d'intimidation.
La Russie y trouve le moyen d'afficher son emprise sur une Ukraine qui lui échappe depuis la Révolution orange, et au-delà, de
rappeler aux Européens qu'elle doit être considérée comme un partenaire à ne pas négliger et qu'il vaut mieux ne pas froisser.
Cette diplomatie du gaz a besoin d'effets visibles et immédiats.
D'où le choix de brusquer les discussions avec l'Ukraine en plein mois de décembre.
D'où la baisse de pression déjà perceptible dans certains gazoducs européens.
Cette baisse est purement technique, puisqu'elle provient d'un litige mineur dans la guerre du gaz entre Kiev et Moscou, portant sur le gaz excédentaire destiné à maintenir la pression dans les
tuyaux, et qui n'est pas concrètement livré.
Quelle est la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie
?
L'Europe importe moins des deux-cinquièmes de son gaz de Russie, environ un tiers de l'Algérie, un
quart de Norvège, et une faible part provient du Moyen-Orient.
Les gisements de la mer du Nord et des Pays-Bas ne produisent qu'une part marginale et décroissante. Une
manière de se prémunir des aléas de la conjoncture est de signer des accords longs : les contrats courent facilement sur 20 à 25 ans.
Pour les fournisseurs comme le russe Gazprom ou l'algérien Sonatrach, ces accords sont une assurance de retour sur investissement (la construction et
l'entretien des infrastructures gazières étant particulièrement coûteux).
Pour les acheteurs européens, c'est une assurance d'être livré sur le long terme. A condition que ces accords soient respectés.
L'Europe s'est-elle préparée aux cas de crise
?
L'Europe a tenté de longue date de stabiliser ses relations avec la Russie dans le domaine de
l'énergie.
Notamment par le biais d'accords juridiquement contraignants.
Une Charte européenne de l'énergie a ainsi été signée en 1991, visant à promouvoir la coopération industrielle est-ouest en
prévoyant des garanties juridiques dans des domaines tels que les investissements, le transit et le commerce. En clair : il s'agissait d'assurer la sécurité de l'approvisionnement européen.
La Russie ne l'a jamais ratifiée.
Parallèlement, un objectif européen a été de limiter la dépendance vis-à-vis de la Russie. En accroissant par exemple le recours à d'autres pays
producteurs (la part du gaz russe dans les importations européennes a ainsi diminué drastiquement, puisqu'elle était de 75% il y a dix ans), en limitant la hausse de la consommation
intérieure, ou en développant le recours aux énergies renouvelables.
Mais aussi en accroissant la coopération entre pays européens pour limiter les chocs possibles.
Une partie de ces objectifs se retrouvent dans le "paquet énergie-climat", et l'âpreté des discussions pour aboutir à un accord
sur des objectifs chiffrés (améliorer l'efficacité énergétique de 20%, porter à 20% la part de renouvelable dans la consommation finale d'énergie) prouve assez que la coopération dans ce domaine
est balbutiante.
Il n'existe pas non plus de marché européen intégré - les grands groupes gaziers s'y sont notamment montrés hostiles, préférant conserver chacun leur pré carré. Par précaution
toutefois, les divers pays européens ont mis en place des stocks de gaz.
En France, GDF, seul opérateur de stockage de gaz, est tenu de mettre de côté l'équivalent de 3 mois et demi de consommation et gère 12 sites de
stockage.
Où peut-on stocker du gaz en quantité suffisante
?
S'il
fallait tout stocker dans des cuves ou des réservoirs, ils seraient gigantesques ! On utilise essentiellement des lieux naturels suffisamment vastes :
- nappes aquifères : il s'agit d'injecter du gaz dans des roches souterraines poreuses, pour fabriquer l'équivalent d'un gisement naturel.
- cavités salines : il s'agit de "lessiver" une couche de roche sédimentaire comportant un fort taux de chlorure de sodium (l'équivalent du sel de table) en y injectant de
l'eau. L'eau dissout le sel et crée une caverne souterraine permettant de stocker du gaz.
- anciens gisements : une fois épuisés, ils peuvent être reconvertis en réservoirs naturels.
- gaz naturel liquéfié (GNL) : certains pays producteurs, comme le Royaume-Uni, liquéfient durant l'été une partie de leur production, qui est alors stockée sous forme de
GNL en prévision des pics de consommation.
A noter aussi que les terminaux méthaniers disposent de cuves de stockage destinées à contenir le GNL qui doit être regazéifié avant utilisation.
Ces cuves à usage technique peuvent être comptabilisées comme une annexe des capacités de stockage, dans certains pays où ces capacités sont limitées, comme en Espagne.
Quel est l'état des stocks en Europe
?
Très variable selon les pays. Donc difficile à évaluer sur l'ensemble de
l'Europe.
Les évaluations les plus pessimistes tablent sur l'équivalent de quelques jours de consommation, les plus optimistes sur quelques semaines. Tout dépend du milieu naturel et de l'état du marché
intérieur.
La France a des capacités de stockage importantes et qui pourraient être développées le cas échéant.
Elle avait en stock en 2006 plus de 22% de sa demande annuelle.
Cas similaire pour l'Allemagne, l'Autriche ou encore l'Italie.
Mais la plupart des pays européens stockent moins de 5% de leur consommation annuelle.
Certains, qui sont également producteurs, peuvent solliciter de manière accrue leurs propres sites de production en cas de besoin, une pratique appelée "swing de production".
C'est le cas des Pays-Bas, du Royaume-Uni ou encore du Danemark.
Enfin, les pics de consommation diffèrent beaucoup : en France, la consommation est multipliée par 6 l'hiver par rapport à l'été.
En Italie, ce rapport est seulement de 1 à 2,5.


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