Maisons en Bois et Patrimoine
A l’intérieur de l’Union européenne, les États restés
en dehors de la zone euro s’interrogent.Deux cas de figures se présentent :
d’une part, les États restés volontairement à l’écart de la zone euro (Royaume-Uni, Danemark et Suède) ont vu leur monnaie menacée.
La livre sterling connaît depuis septembre 2007 une érosion régulière face à l’euro, qui s’est amplifiée depuis septembre 2008.
Alors qu’elle flirtait les 1,50 € en janvier 2007, elle se rapproche désormais de la parité !
De leur côté, les banques centrales danoise et suédoise ont dû intervenir pour protéger leur monnaie. De récents sondages montrent que l’opinion publique de ces deux pays se montre plus favorable à l’introduction de l’euro. Leurs économies en remplissent déjà quasiment les critères. Le Premier ministre danois Anders Fogh Rassmussen a prévu d’organiser une consultation sur la question dans les deux prochaines années. La crise jouera-t-elle en faveur de l’euro ?
Les États de l’UE ayant adhéré en 2004 et 2007 forment une seconde catégorie.
En vertu des traités d’adhésion, ils sont obligés (au même titre que la Suède) d’adopter l’euro. Mais pour eux, la situation se pose en d’autres termes.
Si les monnaies nationales encore non rattachées à l’euro dans le cadre du mécanisme de change européen (MCEII) ont subi une dépréciation, les autres États se trouvent d’autant plus en difficulté
qu’ils sont privés d’instruments de régulation et d’ajustement.
Une dévaluation n’est aujourd’hui plus possible, et les banques centrales se trouvent bloquées par leurs engagements.
Ainsi, l’orthodoxie financière estonienne en matière de parité fixe entre l’euro et la couronne qui a valu au pays le statut de « bon élève » de l’euro se trouve
pénalisée.
La Lettonie et la Hongrie ont dû faire appel au FMI pour négocier un prêt pour faire face au manque de
liquidités.
La Slovaquie, quant à elle, doit se frotter les doigts d’avoir été sélectionnée pour adhérer à la zone euro, avant le déclenchement de la crise, qui aurait sans doute remis en
cause l’avis de la Commission.
Elle deviendra ainsi le 16e membre de l’Union économique et monétaire (UEM) le 1er janvier 2009.
Pour d'autres États, comme la Lituanie et l'Estonie, recalées en 2006, l'amertume doit être grande.
http://www.nouvelle-europe.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=568&Itemid=64
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En cette
fin d'année,à l'heure des Bilans,il est intéressant de voir l'évolution de l'Europe depuis 10 ans
et surtout celle de sa Monnaie, l'EURO
Pour celà qui mieux que Jacques Delors peut en parler avec recul et compétence ?
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20081226trib000325737/jacques-delors-leuro-protege-mais-il-ne-dynamise-pas.html
Jacques Delors est un militant de l'Europe, dont il a présidé la Commission à Bruxelles de 1985 à 1995. Les dix années qui ont transformé le Marché Commun du Traité
de Rome en Marché Unique, dotée d'une monnaie unique, l'euro, dont il est l'un des pères fondateurs.
Jacques Delors : En dépit des réserves que j'avais émises dès le rapport Delors de
1989, je pense que le bilan de l'euro est globalement positif:
de 1999 à 2008, la croissance a été de 2,1% en moyenne annuelle,
le taux d'investissement de 2,2 %
et la zone euro a créé 16 millions d'emplois.
En plus, l'euro a contribué à l'intégration européenne :
un tiers du commerce extérieur se fait à l'intérieur de la zone, contre un quart il y a dix ans, un tiers du total de l'investissement se fait à l'intérieur de la zone, contre un cinquième il y a
dix ans.
Comment appréciez-vous le comportement de la BCE dans les mois récents et pour les mois à venir?
De 2001 à 2005, la politique monétaire de la Banque centrale a été accommodante.
Ce n'est qu'à partir de 2006 qu'elle a procédé à un relèvement des taux, conséquence de la hausse des prix des matières premières et du pétrole, et avec cette hantise du second tour
d'inflation.
Sur la crise elle-même, depuis qu'elle est manifeste, la Banque centrale a rempli son rôle en ce qui concerne l'un des deux défis immédiats de la crise: la crise de liquidité. Même si nous ne
sommes pas revenus à un fonctionnement normal du marché interbancaire.
Quant à la crise de solvabilité, elle dépendait plutôt de la décision des Etats. Les critiques demandent trop à la Banque centrale.
Une bonne politique économique, c'est un équilibre entre la politique économique, pas seulement budgétaire, et la politique monétaire. Il ne faut pas oublier que 60% du rapport Delors de 1989 étaient consacrés à la dimension économique et 40% à la dimension monétaire
Quel jugement portez-vous sur les plans de relance mis en œuvre?
Nous avons à résoudre trois problèmes.
Tout d'abord, la faillite du système financier qui, avec l'affaire Madoff, passe de l'analyse économique à la condamnation morale.
Que la SEC ait laissé faire cela dépasse mon entendement ! Tout cela tient dans une remarque qui n'a rien à voir avec l'analyse du capitalisme: «tout pouvoir qui n'a pas de limite
tombe dans l'excès», que ce soit politique, monétaire, financier.
C'est la grande leçon.
Pour le reste, les gouvernements avaient affaire à la crise du système financier et pas à une crise à l'intérieur du système, et par conséquent
deux crises: celle de solvabilité et celle de liquidité.
Sur la solvabilité, chacun a pris les mesures qu'il entendait prendre.
A mon avis, les mesures britanniques étaient plus sûres et plus fermes que les nôtres et plus compréhensibles.
Quant à la liquidité, la crise n'est pas encore résolue, les banques centrales ont fait un gros travail, auquel les Etats ont ajouté la garantie des transactions, mais nous ne sommes pas sortis
de cela.
Or, quand le marché interbancaire ne fonctionne pas, l'économie souffre.
Deuxième problème: le ralentissement de l'économie.
A mon avis, puisque nous en apprenons chaque jour, il faut être modeste. Mais il me semble qu'il faut un très bon mix entre l'aide aux entreprises et la stimulation de la demande interne. Ce mix
n'est pas facile à trouver, mais on ne peut pas le faire que d'un côté, parce qu'on risque, à ce moment là, de refaire un nouveau plan en février ou en mars.
Troisième élément, il y a une nouvelle phase de la crise du fordisme avec la dramatique situation de l'industrie automobile.
Là, nous sommes devant des problèmes vraiment compliqués.
D'un côté, l'Europe s'est courageusement engagée dans une bataille contre la pollution.
D'un autre côté, l'industrie automobile doit changer ses habitudes et ses modèles.
Peut-être devons nous revoir plus fondamentalement la place de l'automobile. Il faut beaucoup réfléchir sur l'avenir de ce modèle.
C'est quand même le dernier pan de la société industrielle que décrivait Raymond Aron qui est en cause !
C'est pourquoi la réflexion prospective de chaque gouvernement ne doit pas porter simplement sur la société de la connaissance, les nouveaux
développements de la science dans le domaine de la santé, de la communication, mais aussi sur l'avenir de l'industrie.
Comment envisager l'industrie de demain et comment, au niveau européen, au moins en matière de recherche-développement, s'associer pour essayer de maximiser les chances de réussite?
L'industrie reste quand même indispensable parce que l'industrie crée de la plus-value, beaucoup plus que les autres secteurs et qu'elle est une extraordinaire richesse en capital humain, en
capacités humaines et techniques.
L'euro a protégé, mais il ne dynamise pas, disiez-vous, qu'eût-il fallu pour qu'il en fût autrement?
Il aurait fallu que le monde politique et économique à court et à moyen terme soit un peu harmonisé dans le respect des décisions de chacun, c'est-à-dire la coordination des politiques macroéconomiques, qui aurait permis de gagner 0,5% de croissance dans la zone euro en moyenne
C'est pour cela qu'on ne peut pas réformer La Poste...?
C'est un point important sur lequel la France n'a pas gagné la partie en Europe:
les services d'intérêt général.
On n'a pas réussi à faire accepter aux autres que, pour qu'un service d'intérêt général puisse être accessible à tout le monde, il doit être en partie subventionné.
Ce devrait être une règle européenne. Si l'on refuse une réglementation raisonnable dans ce sens, 10% au moins des citoyens n'auront plus accès à un service qui n'aura plus de général que le
nom.
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Quant à la " pensée unique " , J-P Fitoussi,président de l'OFCE, actualise la question:
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20081229trib000326373/une-monnaie-cela-se-gouverne.html
Jean-Paul Fitoussi : J’ai toujours été pour la monnaie unique, précisément parce qu’il me semblait qu’elle permettrait aux gouvernements de retrouver une souveraineté qu’ils avaient perdu, d’échapper à la tutelle implacable du marché des changes
J’ai été choqué par le désarroi social provoqué par la mise en œuvre de cette politique monétaire excessivement rigoureuse qui a produit du chômage de masse. Entre 1991 et 1997, le chômage a augmenté à une vitesse inconnue depuis la Seconde guerre mondiale, plus vite qu’après le premier choc pétrolier. L’autre phénomène contre lequel je me battais était la "pensée unique », celle qui tentait de légitimer cette politique en affirmant qu’il n’y avait pas d’alternative et que toute "autre politique" aurait produit des résultats pire encore
Dix ans d’euro, quel bénéfice en avons-nous tiré ?
La politique monétaire a été bien meilleure qu’avant l’euro, c’est incontestable. Les taux d’intérêt ont fortement baissé. On a cessé de se donner des coups de marteau sur la tête. Mais cela n’a marché qu’un temps, il y a eu d’autres crises, et là, on ne peut que regretter que la politique monétaire de la BCE se soit montrée si passive, comparée à la forte réactivité de la Réserve fédérale. Alan Greenspan a certes été critiqué, mais en termes de croissance et de baisse du chômage, critères essentiels à mes yeux, la zone euro a beaucoup moins bien fait que l’Amérique. Même dans la période récente. Alors que la cause de la poussée d’inflation était commune à tous les pays, on a recommencé en Europe à accepter des taux trop élevés. Ce que montrait le "débat interdit", ce sont les conséquences sociales dramatiques d’un système financier déséquilibré. Aujourd’hui, c’est presque la même chose : le déséquilibre financier n’est pas venu de taux d’intérêt trop élevés, mais d’un niveau excessif d’exigence de retour sur fonds propres. Cette surexigence de rentabilité est un héritage de l’époque où les taux réels étaient élevés. Les détenteurs de capitaux se sont habitués à des niveaux de rendement considérable et ne voyaient pas pourquoi cela s’arrêterait!
Le problème n’est pas la monnaie, c’est la qualité de la politique monétaire.
Celui qui dit qu’elle est inadaptée se voit aussitôt reprocher d’être contre l’euro… C’est le retour du débat interdit ! Une monnaie, cela se gouverne. Ce problème a été résolu par le retour en force de la volonté politique, qui a permis de mettre entre parenthèse deux des contraintes européennes imaginées comme étant éternelles : le pacte de stabilité et de croissance plafonnant à 3% le déficit public et les règles de la concurrence.
Dés le moment où on est trop contraint, on n’est plus gouverné.
Sans l’intervention du politique pour affronter cette crise d’une brutalité inouie, sans la levée de ces interdits, nous n’aurions pas passé l’hiver. C’est le retour au pragmatisme, c’est-à-dire à une forme moderne de keynésianisme.
Cette doctrine a déjà permis de sauver le capitalisme une fois dans les années Trente. C’est la forme d’action qui semble capable de le faire une deuxième fois !
La question des dix prochaines années, ce sera de faire évoluer le gouvernement de l’Europe vers une forme plus coopérative
.